La peinture commence là où la vision s'arrête.


La surface et la matière, sur lesquelles le premier regard est posé sur la toile, seront toujours les prévalents attraits de la peinture. Cette idée de surface est également le fil conducteur de ma démarche s'il en est un, tant au niveau de la forme que du contenu. À partir d'un tel thème de prédilection, tous les sujets sont possibles, ce qui fait que l'ensemble de mon travail traite autant du paysage que du portrait, en passant par la nature morte ou la fable animalière, voire l'abstraction, formant ainsi une continuité dans un corpus d’oeuvres diverses.

Techniquement et intrinsèquement, les préceptes de la peinture que sont la forme et la couleur sont privilégiées, mais le dessin (la forme et la ligne) y tient une place prépondérante. Considérant le dessin comme l'ossature même de la peinture, l'omniprésence du trait dans mes oeuvres picturales n'est donc pas anodine.
De la même façon, les lettres et les mots, signes d'écriture, sont parfois utilisés non seulement pour leur qualité littéraire mais également dans une intention graphique qui camouflera parfois leur signification jusqu'à ce qu'on les redécouvre a posteriori. Cela étant dit, les résultats n'en sont pas pour autant linéaires, bien au contraire.

Aussi, à travers ma démarche figurative, dont le processus se base sur un mélange de recherches, de photographies personnelles, d'esquisses et de travail de mémoire, je tente de transposer la réalité avec un certain souci naturaliste, tout en mettant l'accent sur la face cachée des choses, sur les dessous de la matière brute, sous les repentirs, sur l'envers de la toile et du décor.


Le choix de la peinture aujourd'hui.

Outre cette nécessité viscérale personnelle de la transcendance de l'acte de peindre, le choix de produire de la peinture aujourd'hui en est un difficile et nécessaire étant donnés: 1° la chute d'eau, 2° le gaz d'éclairage... étant donné la pollution visuelle qui nous est déversée dans un flux toxique quotidien.

Par le biais de la fibre optique, l'observateur contemporain aurait tendance à ne plus qu'entrevoir, voire entrapercevoir, et à s'attarder de moins en moins à l'image qu'il a devant lui. Nous sommes de plus en plus conditionnés à nous gaver le plus rapidement possible de clichés qui s'offrent à nous de manière continue afin de pouvoir en absorber le plus possible, faisant en sorte que la quantité finit inévitablement par submerger la qualité.
Un flux optique incessant propageant des futilités formatées et relayant des informations souvent trop peu pertinentes (sensationnalismes inutiles, désinformation virale, insignifiances redondantes, sollicitations publicitaires) passant dans le tamis volontaire de notre déficit d'attention collectif. Le débit est tel qu'il nous faut alors glisser sans cligner des yeux à travers ce brouillard délétère pour ne pas s'étouffer ou être bousculé dans notre quiétude généralisée.
Cette tyrannie de l'image et cette propagande de l'ignorance nous font alors esquiver toute réflexion en ne nous attardant pas trop longtemps à ces images séduisantes que l'on aperçoit furtivement en déroulant dans un rythme circadien le papyrus virtuel de nos écrans aveuglants.

Ainsi, a contrario de toutes ces images pimpantes et clinquantes souvent produites à des fins dirigées et mercantiles auxquelles nous sommes confrontées quotidiennement, mes sujets sont choisis pour leur simplicité et sont dépeints sous leur aspect banal voire artificiel à première vue, mais où quelque élément discordant pas toujours visible au premier coup d'oeil se dévoilera peut-être à celui qui saura regarder.
L'intention étant de transmettre une vision contemplative qui serait susceptible de pousser le regardeur à s'attarder dans le temps et l'espace à ce qu'il voit, et éventuellement d'amorcer une réflexion sur son rôle d'observateur, sur sa propre perception et ses propres identités.


Mais en bout de ligne, l'essentiel est que de la même façon que pour l'artiste le geste de peindre et de dépeindre donne libre cours à ses idées et l'amène souvent à se remettre en question, l’oeuvre créée devrait en faire autant pour celui qui la regarde.


A.Z.

 

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EXPOSITIONS SÉLECTIONNÉES

2013
. Beirut Art Fair (Beyrouth, Liban)

2012
. solo. Les villes artificielles . CNAG (Beyrouth, Liban)

2011
. groupe . CNAG Galerie Cynthia Nouhra (Beyrouth, Liban)
. solo . Village Gallery (Toronto)

2010
. groupe. Urban Perspectives. Galerie SOTA (Toronto)

2009
. solo . ANIMAS (du coq à l'âne) . Galerie du Viaduc (Mtl)
. collection Colart (Mtl)

2008
. duo . Village Gallery (Toronto)
. groupe . Espace La Voûte (Mtl)
. duo . Keystone Art Gallery (Calgary)

2007
. solo . State Of The Art Gallery (Toronto)
. solo . Consulat général de France à Montréal (Mtl)

2006
. solo . Nocturnes. Romolo (Mtl)

2005
. groupe . Collectif imprévu. Sablo (Mtl)
. solo . Natures mortes et autres natures. Pavillon des arts de Sainte-Adèle (Qc)
. duo . Spaces and portraits. Green Room (Mtl)

2004
. solo . Oniriques natures. Galerie d’art Époque (Aylmer)
. solo . Éthersections. Ò PatroVys (Mtl)
. groupe . Trois fois Trois. Célina (Paris,Fr.)

2003
. solo . Alice et Narcisse. Petit Alep (Mtl)
. diffusion galerie du Musée des Beaux-Arts de Montréal (Mtl)

2002
. groupe . Gallery artists. State Of The Art Gallery (Toronto)
. groupe . Sala Rossa (Mtl)
. solo . Borborygmes et gargarismes. Espace Parcours (Mtl)
. groupe . Joints Gallery (Calgary)
. groupe . Salon des refusés. (Mtl)
. solo . Sans titre. Arts Café (Mtl)

 

 

 

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